Jer'Echos

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Voyage au bout de l'Enfer

 

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Les naufragés morts en Méditerranée depuis le début de l'année se comptent déjà par milliers et cela devrait encore augmenter, entraînant de plus en plus de drames en mer.

L'Union Européenne incapable d'accueillir tous les réfugiés de la terre se trouve obligée de renier ses valeurs de solidarité et de respect des droits de l'Homme.

Comment rester indifférents face à l'horreur de ces drames ?

Nous avions donc envie de crier : "Plus jamais ça !" et décidons alors de rendre hommage pour le courage de tous ces migrants qui sont des hommes et des femmes comme nous.

Voici donc un texte écrit en commun lors d'un atelier d'écriture.

 

 

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Voyage au bout de l’enfer

 

« On ne voyait que la mer. La mer et le soleil » (parole de Mohamed, rescapé de Lampedusa).

Quand on vient d’un pays comme le Nigéria, on croit trouver un pays où règne la liberté.

Face à la guerre, au terrorisme et à la misère, l’homme ne peut qu’avoir envie de fuir pour espérer une vie plus sûre, dans la sécurité et avoir une vie meilleure.

Une traversée de l’horreur et du malheur qui mélange espoir et colère, dans des conditions inhumaines, entassés les uns sur les autres,

Tout ça pour la liberté dans un pays des droits de l'homme et pour y découvrir une autre culture.

Le courage, peut-on appeler cela du courage ?

Ou est-ce seulement de l’insouciance qui pousse les gens à changer de vie, quitter tout : famille, pays, amis…

Se faire exploiter par ces passeurs inhumains pour atteindre quoi ? :

« Le miroir aux alouettes ».

Rêver à une autre vie et avoir quelque fois rendez-vous avec la mort.

Quel triste destin !

"Pouvoir enfin rêver de manger à ma faim, de boire à ma soif et surtout de ne pas oublier mes proches qui ont disparu devant mes yeux. Pouvoir aussi prier Dieu pour tous ceux qui sont partis avant moi".

"Après des années de sacrifices afin de payer grassement les trafiquants d’hommes qui nous ont fait miroiter une vie idyllique en Europe, nous sommes partis déterminés, remplis d’espoir sur cette embarcation de survie, serrés comme des sardines dans une boîte, ne pensant pas que ce voyage était un voyage au bout de l’enfer".

Perdre son pays, ses racines pour fuir la guerre marque à tout jamais le reste de sa vie. La nostalgie sera toujours présente et le pays d’adoption sera un ersatz de terre où il faudra poursuivre le chemin et piocher quand ce sera possible, moins douloureux, les souvenirs de son ailleurs, celui qui nous a vu naître et où reposent les ancêtres.

Fuir la misère, la guerre, la pauvreté, c’est peut-être croire à un monde plus juste.

Pourquoi tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces enfants se retrouvent-ils entassés par centaines dans des bateaux de fortune qui les envoient à la mort ?

Pour 3000 euros ! Est-ce le prix de la liberté ou est-ce le prix pour mourir dans l’indifférence ?

Ils souhaitent un avenir meilleur sur ce bateau  qui pour eux représente le bateau de la liberté.

Est-ce que le prix de cette liberté existe vraiment ?

Pour eux, c’est fuir la misère, mais le calvaire s’est vite installé, vite troublé, leur terre vite oubliée dans les vagues noires.

Ils n’auront pas le temps pour la colère.

Ils laissent là, tous leurs espoirs…

   

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 Texte écrit par   : Kévin, William, Rachel, Gilles, Brigitte, Philippe, Nelly, Michèle, Nathalie, Raymonde.

 

 

 

 

 



04/05/2015
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