Jer'Echos

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Quand l’espoir « s’en-visage » !

Yves De Kermel, photographe-amateur a proposé de rendre hommage aux « Amis de Jéricho » en réalisant une exposition de 50 portraits de personnes accueillies à Jéricho.

Une exposition qui s’est tenue tout le mois de janvier à la Mairie d’Honneur de Toulon.

Durant plusieurs semaines, Yves est venu à la rencontre de ces personnes présentes sur l’accueil de jour et a proposé de fixer sur la pellicule tous ces visages familiers d’hommes et de femmes. Exercice facile pour certains mais plus difficile pour d’autres car il fallait accepter de faire face à l’objectif du photographe, accepter de se dévoiler, accepter de prendre le temps d’afficher sa joie ou sa détresse sur chaque visage.

Au-delà d’une galerie de portraits figés dans le temps, Yves nous invite à poser un regard. Il propose une conversation silencieuse sur le goût de l’autre et le changement de regard. C’est une méditation sur l’identité de chacun, la vôtre, la nôtre, celles des personnes photographiées.

Une identité qui n’est jamais « sans visage », « sans histoire », « sans avenir ».

Le photographe, qui éprouve une empathie évidente pour ses "modèles", nous propose des images pudiques et empreintes d'une grande humanité de ces hommes et de ces femmes marqués par les dures épreuves de la vie.

La majorité des « modèles » ont dû l’admettre lorsqu’ils ont vu leur photo « Ces épreuves nous montrent beaux ! Tels que nous ne nous savions pas ! Tels que vous nous voyez ! Tels que nous sommes ! ».

Merci à toutes celles et ceux qui se sont prêtés au jeu de ce message et ont consenti à se laisser photographier pour redire à tous que « l’espoir peut s’en-visager » !

Pour tous ceux qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir l’exposition, voici tous les portraits réalisés par Yves de Kermel.

Sur le Livre d’Or, quelques témoignages de visiteurs et d’une accueillie visiblement touchés par tous ces portraits :

« Que de regards posés sur nous, sur le monde, de sourires esquissés, de dignité, d’une certaine reconnaissance. Merci à tous ces visages, de nous rappeler qu’ils sont là,  à nos portes et attendent…peut-être seulement un regard, un sourire ».

 

« Superbes photos qui permettent de connaître les visages de ceux que l’on croise sans les voir ».

 

« Je me suis retrouvée à travers vos yeux, je suis fière d’avoir trouvé ma route grâce à Jéricho et à vous M. de Kermel, Merci ! »

 

« Des regards remplis d’humanité qui pourraient nous dire beaucoup, si nous voulions nous arrêter… ».

 

 

Je remercie les "accueillis" qui ont bien voulu eux-mêmes m'accueillir et se prêter à mon objectif en toute confiance et simplicité. Il n'est pas facile de se laisser photographier car on est toujours un peu inquiet de l'image qui va nous être renvoyée de nous-même. Mais être portraituré est aussi une marque de reconnaissance sociale et j'espère avoir su honorer mes modèles comme il se doit.

Y.K. décembre 2013


 

Les "modèles" livrent leurs impressions

 

 La réalisation de cet ouvrage ne peut se résumer simplement car, initié par l’envie d’un seul, il est le fruit du travail de plusieurs, de diverses personnes issues de divers horizons. Pas forcément compatibles a priori…! Se sont unis pour le réaliser un photographe amateur, des personnes en difficultés (financières, psychologiques ou autres), des SDF et des gens de passage, et un atelier d’écriture aux participants aussi disparates qu’hétéroclites.

 

L’idée de départ, c’est Yves de Kermel, photographe par passion, qui l'a eue. Il est venu nous proposer de fixer sur la pellicule le visage des gens qui fréquentent "Les Amis de Jéricho". Beaucoup d’entre nous étaient méfiants car, pour qui et pour quoi devrions-nous nous exposer à la face d’un monde qui semble nous avoir rejetés, exclus ? Dans quel but ? Publicitaire ? Politique ? Démagogique ? La démarche nous paraissait suspecte ! L’intérêt nous en était flou, hermétique !

 

Ce qui décida les premiers d'entre nous à participer, ce furent la gentillesse du photographe, sa simplicité. Mais surtout, son humilité ! Nous fûmes quelques-uns, tout d’abord, puis un peu plus., enfin, beaucoup à être convaincus de l’intérêt de la chose.

 

Il nous fallut alors accepter de faire face à l’objectif de l’artiste, accepter de nous dévoiler, malgré nous, accepter de prendre le temps, pour un temps, d’afficher notre joie (ou notre détresse), - figées pour l’éternité, peut-être ?- Il nous fallut parvenir à affronter le regard de l’autre. Des autres ! Ces prises de vue ne sont pas un arrêt sur vie. Plutôt un moment, une pause, un instant d’abandon, de confiance !

 

Et nous devons l’admettre, le résultat n’est pas pour nous déplaire. Yves nous l’avait dit : « Je veux capter le regard, non la pose ». Nous croyons que ces clichés vont plus loin que cela, ont dépassé l’espérance de tous. Car, dans nos regards scintille une petite lueur, transparaît un peu de notre âme.

 

 Merci, Monsieur de Kermel ! Merci Yves !



 

 

Portraitriste

 

Quand j’erre sur l’avenue aux hasards de la vie,

Je croise mille gens qui coulent dans les rues

Comme les gouttes d’eau de ce grand fleuve en crue

Qui déborde d’espoir. Quelles sont leurs envies ?

 

Voyez donc celui-ci dont le regard éclate,

Stupéfait par les jeux étranges des gamins

Qui lui rappellent qu’il fut – mais est-ce bien certain –

Lui aussi un enfant aux rires écarlates !

 

Regardez cette dame âgée dont le sourire

Est un mur défoncé auquel il manque des briques.

Elle n’est pas une ruine. Elle n’est pas une relique.

Son visage rayonne de tous ses souvenirs !

 

Il y a celle-là, les yeux dans le lointain,

Ses pensées vagabondent, son âme est sur des vagues,

Cependant que ses doigts caressent cette bague :

Son amour est présent dans son sourire en coin !

 

Il y en a mille autres, et mille autres encore :

Un tenant de commerce, une contractuelle,

Un musicien avec son crincrin, sa crécelle,

Un mendiant, un boueux ; d’une foire, l’homme fort !

 

Et tous semblent rouler, telle une vague humaine.

Je ne sais où ils vont, je ne sais d’où ils viennent.

Ils me sont nécessaires. Et ce quoi qu’il advienne.

Ils me sont baume au cœur quand il est dans la peine.

 

Et j’erre dans les rues

Emporté par la crue !

 

Henri

 


 

 



10/02/2014
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