Jer'Echos

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Projet "Parole de Sans-Voix"

Ecoutez-nous ! Cette sentence, on l’entend couramment dans les files d’attentes de l’administration, des commerces, les restaurants sociaux, les unités d’accueil de jour ou d’urgence, jusque dans la rue. Bref, on l’entend partout ! Ceux qui la prononcent sont bien souvent, sinon toujours, les défavorisés du système. Certains sont sans domicile, d’autres non, ceux-ci vivent en famille, ceux-là sont isolés. Quelles que soient les idées qu’ils expriment, les demandes qu’ils font, les démarches qu’ils effectuent ; quelles que soient leurs difficultés, matérielles ou psychologiques, leur état de santé, ils ont souvent la désagréable sensation de n’être pas entendus. 

C'est pour répondre à cet appel que le Secours Catholique du Var, en lien avec l'UDV a monté le projet "Parole de Sans-Voix" sur le département.

Contexte et origine du projet 

Amnesty International, ATD Quart Monde et le Secours Catholique ont eu l’idée de mettre en relief les expressions de la lassitude des "laissés-pour-compte" de notre société en insérant un supplément de huit pages dans la presse quotidienne nationale en 2008 et 2012, qu’ils ont titré "Paroles des sans-voix". Cette revue, qui a touché près de 12 millions de personnes avait pour but de permettre aux "non-ouï" de témoigner de leurs combats quotidiens et de présenter les différentes initiatives développées aux six coins de l’hexagone, notamment celles concernant l’accès au logement, aux soins, à l’éducation etc.

 

Expression à travers des groupes de paroles

Fin 2013, le besoin d’être entendu et reconnu dans ses spécificités reste entier. Aussi, à l’occasion d’une rencontre nationale du Secours Catholique à Lourdes, lors d’une discussion sur la citoyenneté et les élections qui se dérouleront courant 2014, Gonzague de Fombelle, animateur-cadre de la délégation du Var, rebondit sur l’idée qu’il serait nécessaire de porter les avis des "petits" sur le perron des mairies sinon dans le bureau des élus.

C’est le départ de l’aventure de Paroles des Sans-Voix à Toulon.
Le but de cette action : constituer des groupes de paroles et de concertations aux seins de différentes associations de solidarité du Var. Des acteurs issus de tous les milieux pourront y identifier les problèmes que l’on voudrait voir résolus par nos édiles, pour les leur soumettre et les sensibiliser à la nécessité, l’urgence qu’il y a d’écouter réellement la voix de ceux qui les ont placés aux postes qu’ils occupent et qui sont les laissés pour compte de notre système.

 

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Pour ce faire, trois associations toulonnaises membres de l’Union Diaconale du Var (Kaïré, Vigies et Les Amis de Jéricho), ainsi que "la pause-café" du Secours Catholique de Draguignan, ont engagé une action commune. 

Chaque structure a organisé un débat/sondage sous forme d’élections sur le thème de la citoyenneté. L’exercice a eu lieu courant novembre 2013 à l’aide d’un outil appelé photo-langage qui consiste à présenter une série de photographies parmi lesquelles le participant en choisit une ou deux parce qu’elle lui parle.

Il explique en une phrase les raisons de son choix et dit "Pour moi, être citoyen c’est…".
Cette opération a connu un vif succès !

Les paroles prononcées par les participants, bien que dites de différentes manières, exprimaient dans leur ensemble des idées très semblables.

Par exemple :

Etre citoyen c’est :
- "… de la communication entre les uns et les autres ! "
- "… le partage ! "
- "… pour le bien commun ! "

D’autres phrases parlent :
- de droits et de devoirs, (mots quasiment toujours associés dans la bouche des participants),
- de votes et de participations actives,
- de respect des lois, de la société, de l’autre, etc.

 

Travailler la valorisation de ces paroles

1/ Malgré les divergences d’opinions, il est possible de parvenir à exprimer et transmettre des idées communes. Pour que cette action ne reste pas stérile, les informations doivent circuler entre les groupes. Il faut aussi que les acteurs voient que leur participation porte des fruits. Aussi, afin de valoriser celle-ci, il est envisagé de diffuser ces résultats par l’utilisation de divers média tels que Iota, le blog des Amis de Jéricho, les réseaux sociaux (les pages Facebook de Kaïré, de l’UDV…), les lettres d’information électronique, l’envoi de courriels groupés etc. 


2/ Cette mise en valeur de la parole des "Sans-Voix" sera également mise en œuvre au moyen de l’expression artistique. Pierre Favre (ex-chanteur du groupe Les Garçons Bouchers), accompagné de Christophe Parel (batteur du groupe Settings), Loïc Merle (bassiste de Settings), Guillaume Mas (guitariste de Settings), William Delgado (guitariste/chanteur du groupe Archaotic, né au sein de l’accueil de jour de l’association Archaos, à Toulon) et Loïc Gasnier (guitariste d’Archaotic), proposent de mettre en musique et d’interpréter les textes qui seront produits au sein des groupes de paroles. Malgré les divergences d’opinions, l’enjeu est de parvenir à exprimer et transmettre des idées communes. Un enregistrement des chansons est prévu et le groupe espère se produire en concert !

 

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3/ Par ailleurs, le 31 octobre dernier, les associations Kaïré, Archaos, le Comité du 17 octobre et l’Union Diaconale du Var ont organisé une grande soirée musicale intitulée « Stop la Misère ! », ponctuée de témoignages de « Sans-Voix », qui a réuni plus de 300 personnes au Crep des Lices. Le succès de cet évènement grand public a fait germer l’idée de lancer un 1er évènement (à l’occasion des Semaines nationales d’éducation contre le racisme et les discriminations au mois de mars, portées dans le Var par la Fédération des Œuvres Laïques), au cours duquel les « Sans-Voix » pourraient à nouveau se faire entendre d’un large public. Cela permettrait d’accroître la visibilité du projet et, pourquoi pas, d’y entraîner d’autres associations.

Si nous voulons que les choses bougent, nous pouvons paraphraser J.F Kennedy en disant : "Ne nous demandons pas ce que les autres peuvent faire pour nous, mais plutôt ce que nous pouvons accomplir pour eux."

Quoi qu’il en soit, rien ne se fera sans le concours de ceux qui subissent et nous devrons les associer à nos actions car, comme l’a déclaré Nelson Mandela : "Tout ce qui est fait pour moi sans moi est fait contre moi."

Alors sans plus attendre, finies les parlotes et … Au travail !

 


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09/03/2014
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